C'est quoi un GEM?

Créés sous l’impulsion d’associations de familles et d’usagers de la psychiatrie, les groupes d’entraide mutuelle permettent aux personnes souffrant de troubles psychiques de rompre leur isolement, de s’entraider et de reprendre une place dans la cité. Si des dérives ont pu être observées, comportements trop directifs envers les usagers ou manque de formation de certains animateurs, ces groupes répondent à une attente et évitent bien des hospitalisations.

Dispositif innovant, le groupe d’entraide mutuelle (Gem) doit être géré par et pour les usagers. Lieu de rencontre et de convivialité, il permet aux personnes handicapées psychiques, souvent isolées et fragilisées par la maladie, de se rencontrer et de partager des activités. Elles participent, à leur rythme et selon leurs envies, à la vie de la structure et à son fonctionnement. Les usagers, adhérents du Gem, s’entraident, construisent des projets, reprennent confiance en eux, recréent des liens sociaux et s’ouvrent vers l’extérieur grâce à un réseau de partenaires sociaux, associatifs, artistiques… Dans un Gem, nul soignant mais des animateurs ou des coordinateurs qui accompagnent les usagers dans une démarche vers l’autonomie. Le Gem n’est pas une structure sanitaire et ne remplace pas les soins qui restent nécessaires. « En France, au moins 600 000 personnes souffrent d’un trouble psychique grave. Avec l’arrivée des neuroleptiques et la fermeture des lits d’hôpital en psychiatrie, 95 % d’entre elles vivent dans la cité », rappelle Jean Canneva, président de l’Union des amis et familles de malades mentaux (Unafam). Par leur lutte pour la reconnaissance du handicap psychique, inscrit dans loi du 11 février 2005, les associations de familles et d’usagers de la psychiatrie ont permis la création de divers dispositifs, dont les Gem. Deux circulaires fixent leur cadre juridique et leurs modalités de financement, une troisième est prévue pour le printemps 2008. Parmi les Gem, certains fonctionnent d’ores et déjà selon l’esprit de la loi et sont dirigés par une association d’usagers, d’autres sont gérés par des organismes externes, en attendant le « glissement » prévu par les circulaires, c’est-à-dire la prise en charge progressive des activités par ses adhérents.